L’iris : la matière qui prend trois ans à révéler son parfum
L’iris est d’abord une fleur, lumineuse, violacée, familière des jardins d’Europe depuis des siècles. Mais ce que la parfumerie et la cosmétique utilisent, c’est tout autre chose : la racine, appelée rhizome d’orris. Après récolte en Toscane, dans la région de Florence où l’iris est cultivé depuis le XVe siècle, ce rhizome est séché pendant deux à trois ans avant d’être distillé à la vapeur pour en extraire le beurre d’iris. Une matière poudrée, légèrement boisée, à la fois violette et carotte, dont la rareté et la complexité olfactive sont incomparables dans la parfumerie mondiale.
Chaque kilogramme de beurre d’iris nécessite plusieurs tonnes de rhizomes frais et des années de patience. C’est pour cela que l’iris figure parmi les ingrédients les plus précieux, et les plus difficiles à imiter. C’est peut-être aussi pour cela qu’il fascine autant les parfumeurs depuis des siècles : il est la matière qui prend le plus de temps à révéler sa beauté, celle qui récompense l’attente plutôt que la hâte.
Pour la maison L.T. Piver, dont plusieurs fragrances intègrent l’iris comme note de cœur ou de fond, créer un soin corporel autour de cette matière n’est pas un détour. C’est la prolongation naturelle d’une relation qui dure depuis deux cent cinquante ans.